Snep UNSA
21 octobre 2019

Enseignants fatigués ?

En ce début d'année, beaucoup d'enseignants sont fatigués car ils ont plus appris à travailler avec les élèves pas qu'avec leurs collègues. Et ils sont de plus en plus de missions au sein de l'établissement.


Or travailler collectivement cela s'apprend.

C'est le défi de notre école, mais ce n'est pas la seule raison à cette fatigue, même si elle pèse.

Laborieuse mise en œuvre de PPCR : des inspecteurs passeurs-facilitateurs du développement professionnel ?

Sur le terrain, les rendez-vous de carrière sont souvent vécu comme sanctionnant plutôt qu'accompagnant. De nombreux inspecteurs préfèrent poursuivre dans la voie des  zélés applicateurs des instructions ministérielles du moment plutôt que d'aider l'enseignant à progresser.
Nous observons une forme d'action où de nombreux inspecteurs préfèrent agiter "la carotte" de l'avis et/ou le 'bâton' ("je reviendrais vous voir") plutôt que la construction de l'évolution professionnelle de l'enseignant.

C'est pourquoi nous réclamons la déconnexion entre les 3 rendez-vous de carrière et l'avancement d'échelon.

En lycée la laborieuse mise en oeuvre des E3C :

A la préparation de 2, 3 ou 4 nouveaux programmes, s'ajoute des discussions infinies sur l'organisation des E3C. Pour preuve en cette fin de mois d'octobre, un nouveau texte modifie le précédent, applicable pour cette année scolaire, qui place l'évaluation au 3ème trimestre.
En Anglais, les collègues vont être amené à doubler les évaluations qui juste là se tenaient en classe de terminale puisqu'il est désormais attendu une évaluation en classe de 1ere.
Évidemment tout cela "pour le même prix" puisqu’aucune prime/indemnité n'est prévue.

La lettre de Christine Renon a libéré la parole :

La fatigue est généralisée et palpable. Les enseignants et directrices/directeurs sont remués par le suicide de C. Renon et par sa lettre. Les enseignants du 2d degré en parlent autant que ceux du 1er.
Le contenu de la lettre a mis des mots sur le ressenti et libéré la parole plus dans les établissements publics que privés sous contrat.

La structure catholique prêche le silence et favorise le clientélisme autant que le court-termisme

Pour exister, une nuée de "copains" se greffent sur les établissements privés sous contrat. Des laïques qui ont oublié de former les 3 voeux (d'obéissance, de chasteté et de pauvreté) s'emparent de fonctions de directions d'établissements ou sont téléguidés par d'autres laïques qui eux-aussi ne pratiquent pas les 3 vœux, sous l'appellation "directeur diocésain". Quelle crédibilité pour discourir sur l'"enseignement catholique" ?

Là où, autrefois, des prêtres et des soeurs, enseignaient, créaient, dirigeaient , s'investissaient avec peu d'esprit de carrière et d'argent, des laïques instrumentalisent des notions sacrées, mais pour eux d'abord et pour faire plaisir aux parents et élèves ensuite.
L'enseignant et l'enseignement passent bien loin. Il doit faire ce qu'il faut pour que les élèves aient de meilleurs résultats que ceux de l'établissement voisin.

Après la sélection à l'entrée, la sortie avec diplôme assurée.

Un climat politique délétère

Avec un président (auquel certains ont cru, alors que d'autres disaient avoir fait le choix du "moins pire" ou encore ne souhaitant pas s'abstenir) qui se renie dans sa promesse de revalorisation en la conditionnant à de nouvelles dégradations du statut sur le temps et l'organisation du travail (les fameuses périodes de vacances d'élèves et la "réforme des retraites").

Où est l'espoir ?

Le travail en équipe, la passion de transmettre, l'engagement pour contribuer à faire progresser les élèves ?
"Faire corps" ensemble pour avancer car l'isolationnisme mène à peu de chose ?

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