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2 octobre 2020

Budget 2021, "grenelle" : des perspectives fragiles et de mauvaises nouvelles

Le budget 2021, présenté ce lundi 28 septembre, augmente dans les mêmes proportions que celui de l’année passée (soit + 1, 446 milliards d’euros). Cette augmentation globale est le solde de plusieurs mesures envisagées par le gouvernement. 400 millions d’euros sont bien prévus pour des mesures de revalorisation dès le 2e trimestre 2021. 

En ce qui concerne les emplois, le 1er degré public gagne 2039 emplois (en ETP), le 1er degré privé sous contrat aucun, le 2nd degré public perd 1 800 emplois et le 2nd degré privé sous contrat en perd 239. Ces pertes d'emplois devraient être compensées par des heures supplémentaires équivalant à 2 500 emplois dans le public et 500 emplois dans le privé.

Travailler autant ou plus mais gagner moins ou autant ?

2d degré : des élèves en plus, des postes en moins, des heures supplémentaires en plus
 
Déjà en tension, la rentrée 2021 dans le 2d degré s’annonce sombre avec la suppression de 239 emplois prévus par le gouvernement .
 
Pour compenser cette baisse, le budget prévoit un financement équivalent à 500 emplois en heures supplémentaires. Cette mesure accentuera une nouvelle fois la dégradation des conditions de travail des enseignants du 2d degré. Ceux-ci, après une deuxième heure supplémentaire imposée, ne pourront absorber une telle charge de travail additionnelle. Il n’est pas possible de dire que l’on veut des professeurs heureux, se targuer de vouloir améliorer leurs conditions de travail et dans le même temps provoquer de l’épuisement professionnel pour des économies à courte vue, qui plus est dans un contexte où les effectifs au collège et au lycée continuent à augmenter.
 
Les tensions dans les collèges, les lycées deviennent insurmontables. Le contexte de réformes du lycée général et technologique et de la voie professionnelle nécessiterait un accompagnement budgétaire supplémentaire. Au lieu de cela le retrait de 239 emplois en équivalent temps plein va encore dégrader les conditions de travail et d’enseignement avec une nouvelle augmentation des effectifs par classe dès le collège.
 
 
1er degré : zero créations de postes en nombre mais quid de leur ventilation ?
 
Dans le 1er degré, dans un contexte global de diminution des effectifs, le maintien du nombre d'emploi est une surprise. Il est probable que cela permette le maintien de classes multi-niveaux dans les petites écoles rurales.
 
A ce stade, il est difficile de savoir s’il reste des marges au-delà de la poursuite de la limitation des effectifs à 24 élèves en GS/CP et CE1 et de la poursuite de la politique pas de fermetures d’écoles rurales. Si l’attention au maillage scolaire du tissu rural et sa prise en compte sont une nécessité tant du point de vue social, économique que de l’aménagement du territoire, il ne peut être une doxa et nécessite des moyens dédiés.
 
Cela est d’autant plus vrai que d’autres besoins essentiels de notre système éducatif sont eux aussi indispensables à la réussite des élèves. C’est le cas des décharges de direction, des moyens de remplacement dont on sait que le calibrage insuffisant met régulièrement en tension les collègues qui doivent prendre dans leur classe les élèves des enseignants absents.
 
 
 Des mesures de revalorisation dans le budget 2021 ?
 
Indépendamment des mesures salariales déjà prévues dans le cadre ordinaire -soit la dernière tranche de la prime Rep+ (+ 49 millions d’euros), le financement du PPCR (+ 26 millions d’euros) et le financement ordinaire du déroulement de carrière (+ 775 millions d’euros)-, une somme de 400 millions d’euros est dédiée aux mesures de revalorisation. Ces 400 millions doivent financer des mesures prenant effet à la fin du premier trimestre 2021, ce qui correspond à 500 millions d’euros en année pleine. Le ministre a déclaré que c’était une première marche. L’année 2021 ne serait que le début d’une revalorisation des personnels pour répondre à leur besoin de reconnaissance.
 
Pour le Snep-Unsa, le fait d’y intégrer les mesures relatives à l’équipement informatique des personnels n’est pas acceptable. En effet, l’équipement informatique peut trouver sa place en dehors de cette enveloppe dans le budget de l’Éducation nationale, et ce d’autant plus qu’il ne peut être associé à des mesures de revalorisation des rémunérations.
 
Le Snep-UNSA revendique que l’équipement informatique fasse l’objet d’un crédit d’impôt pour tous au même titre que d’autres dépenses fiscales.
 
La création de 4 000 postes d’AESH, comme l’an passé, constitue également un effort important dont on espère que la concrétisation sera effective car nécessaire. Cependant d’autres questions se posent comme la revalorisation de la rémunération de ces personnels. Il ne suffit pas de créer des emplois si ceux-ci ne sont pas pourvus faute d’attractivité, un problème pourtant déjà identifié à plusieurs reprises.

 
Des alertes concernant l’Onisep et Canopé
 
Si la préservation des effectifs du Cned était un minimum attendu, il en eut été difficilement autrement. La nouvelle réduction concernant Canopé et l’Onisep est un signal préoccupant. Derrière l’expression gouvernementale de repositionnement se cache la disparition de certaines activités pourtant essentielles à notre système.

Le Snep-Unsa dénonce cette nouvelle baisse de moyens qui vient fragiliser une nouvelle fois les opérateurs du ministère.
 
Le budget consacré au Service national universel (SNU) augmenterait de 31 M€

 
L’avis du Snep-Unsa
 
Pour le Snep-Unsa, ce projet de budget 2021 entremêle des réponses à des besoins indispensables -même s’il est trop tôt pour porter une appréciation sur leur adéquation avec les besoins- et des sujets de préoccupation sur l’avenir du fonctionnement du second degré.

Nous craignions qu'encore une fois  les plus précaires, les maitres délégués (MA) se voient imposer un peu plus d'heures supplémentaires et un peu moins d'heures 'contrat'. Nous craignions que cela s'étende aux maitres en contrat définitif placés en perte partielle de contrat (avec parfois une compensation en HSA).
 
Ce budget 2021 n’est en tout cas pas à la hauteur des enjeux de restauration des domaines essentiels du Service public d’Éducation. La poursuite dogmatique de la baisse des prélèvements fiscaux vient percuter cette nécessité en imposant des choix par une réponse partielle à des attentes et une course irraisonnée vers la fragilisation du second degré.
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